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Sexualité et prévention

Pour éviter toute infection transmissible sexuellement et par le sang (ITSS), tu as plusieurs stratégies à ta disposition.

Le plus important est de passer régulièrement un test de dépistage. Le condom reste le moyen le plus sûr pour diminuer le risque de contracter une ITSS, dont le VIH. S’ajoute, si tu as un diagnostic positif à une infection, l’avis à son ou ses partenaires afin de briser la chaine de transmission et toute une panoplie de trucs pour sécuriser le plus possible tes différentes pratiques sexuelles.

  • Le dépistage est une façon très efficace de savoir si tu as une infection transmissible sexuellement et par le sang (ITSS) ou le virus de l’immunodéficience humaine (VIH). Une fois diagnostiquée, tu peux alors être traitée et guérie ou obtenir le suivi médical nécessaire si l’on t’annonce que tu es séropositive.

    Pourquoi me faire dépister?

    Tu n’as jamais passé un test de dépistage? Tu commences une nouvelle relation? Tu as eu des relations sexuelles sans condom? Tu es enceinte ou tu souhaites le devenir? Le test de dépistage du VIH et des autres ITSS est la seule façon de détecter la présence d’une infection et d’avoir accès au suivi médical et au soutien nécessaire, le cas échéant.

    C’est confidentiel et gratuit! Comme ces infections ne présentent souvent pas de symptômes, le test de dépistage te permet d’avoir l’esprit tranquille et de préserver ta santé et celle de tes partenaires.

    À quelle fréquence devrais-je me faire dépister?

    La fréquence de dépistage dépend de plusieurs facteurs. Ce qu’il importe de te rappeler est qu’un dépistage régulier est une stratégie très efficace pour identifier rapidement une infection au VIH.

    Tu devrais penser à passer un test de dépistage si :

    • tu changes de partenaire sexuel
    • tu as plusieurs partenaires sexuels
    • tu as des relations sexuelles sans condom
    • tu consommes des drogues
    • tu souhaites devenir enceinte

    Sois proactive, parle-en à ton médecin. Tu n’as pas besoin d’attendre qu’il ou elle te le propose pour demander des informations à propos du dépistage du VIH et des autres ITSS. Dans ce contexte, il est important de parler ouvertement et sans tabous au professionnel de la santé. Plus il en sait, meilleure sera sa capacité à évaluer quels types de tests il doit te faire passer et à quelle fréquence.

    Où et comment se faire dépister?

    Il existe plusieurs endroits où passer un test de dépistage du VIH et des autres ITSS. Chaque région du Québec compte au moins un CLSC offrant le dépistage du VIH et des autres ITSS. Il se peut même que l’organisme communautaire de lutte contre le VIH de ta région offre ce service. Pour avoir plus d’informations sur les services offerts dans ta région, consulte la section Où se faire dépister.

    Le dépistage est confidentiel et gratuit pour toute personne possédant une carte d’assurance maladie valide émise par la RAMQ. Le test de dépistage inclut une prise de sang ou d’autres prélèvements comme un échantillon d’urine. Cela ne prend que quelques minutes.

    Tu peux passer un test de dépistage à partir de l’âge de 14 ans sans avoir besoin du consentement de tes parents.

    Tests nominatifs / tests anonymes?

    Au Québec, le test de dépistage du VIH peut être fait de manière nominative, non nominative ou anonyme. Pour les autres ITSS, les tests sont effectués de manière nominative, c'est-à-dire que tu dois remettre ta carte d’assurance maladie. Dans tous les cas, ton médecin se doit de respecter la confidentialité médicale et ne peut transmettre tes résultats de test à un tiers parti sans ton consentement.

    Le dépistage anonyme du VIH

    Au moins un CLSC de chaque région administrative du Québec offre des services de dépistage anonyme du VIH. En ces lieux, il n’est donc pas nécessaire de présenter ta carte d’assurance maladie ou toute autre pièce d’identité et le service est gratuit. Ce service ne te sera pas offert d’emblée. Il faut le demander lors de la prise de rendez-vous.

    Comment se déroule l’examen?

    De façon générale, tu rencontreras un médecin ou une infirmière. Avant de procéder aux prélèvements, on te posera généralement quelques questions afin de bien cerner les examens qui sont nécessaires. Certaines d’entre nous sont gênées à l’idée de révéler le nombre de partenaires qu’elles ont eu ou les activités sexuelles qu’elles pratiquent. Sache que la confidentialité de ton entretien avec le professionnel de la santé est assurée et que plus l’information que tu donnes au médecin ou à l’infirmière est complète et précise, meilleure est sa possibilité d’évaluer les examens que tu dois passer.

    Le médecin ou l’infirmière procédera ensuite aux prélèvements : il s’agit généralement d’une prise de sang, de tests d’urine ou de prélèvements au vagin, à la gorge ou à l’anus par exemple.

    Pour la communication des résultats, celle-ci se fera généralement par téléphone, sauf pour le VIH dont le résultat te sera communiqué lors d’une seconde visite au bureau du médecin.

    Il existe aussi la possibilité de passer un test de dépistage rapide du VIH. Ce test est payant et généralement offert dans les cliniques spécialisées. Son résultat te sera communiqué le jour même. Si cette option t’intéresse, vérifie sa disponibilité à l’accueil de la clinique.

    Que faire si je n’ai pas de carte d’assurance maladie?

    Une carte d’assurance maladie est généralement nécessaire pour passer un test de dépistage du VIH et des autres infections transmissibles sexuellement et par le sang (ITSS).

    Si tu n’as pas de carte d’assurance maladie, n’hésite pas à te rendre au CLSC le plus près de chez toi. Plusieurs CLSC te recevront malgré que tu n’aies pas de carte. De plus, on t’informera des démarches à suivre pour en obtenir une.

    Le dépistage anonyme est une deuxième option vu qu’il n’est pas nécessaire de présenter sa carte d’assurance maladie ou toute autre carte d’identité. Ce service est offert dans au moins un CLSC de chaque région administrative du Québec . Ce service ne te sera pas offert d’emblée. Il faut le demander lors de la prise de rendez-vous.

    Il y a aussi Médecins du Monde Canada qui offre des services à certaines populations tels, entre autres, les réfugiés et les itinérants.

    J’ai passé un test de dépistage, et si?

    Et si j’ai un résultat négatif?

    Si tu obtiens un résultat négatif, cela ne veut pas dire que tu es immunisée et que tu n’attraperas jamais d’ITSS. Le professionnel de la santé vérifiera avec toi les stratégies à préserver ou à mettre en place pour réduire le risque d’une ITSS ou de contracter le VIH et il établira le moment où tu devras te faire dépister à nouveau.

    Et si j’ai un résultat positif à une ITSS?

    Le professionnel de la santé t’offrira un traitement qui éliminera l’infection assez rapidement. La majorité des ITSS se soignent à l’aide de médicaments. Pour que le traitement soit efficace, tu dois prendre toutes les doses, et ce, même si tu n’as plus de symptômes. Il est recommandé de ne pas avoir de relation sexuelle tout le temps d’un traitement.

    Certaines infections telles l’herpès et le virus du papillome humain (VPH) ne peuvent être guéris. Cependant, pour l’herpès par exemple, il existe un traitement qui peut soulager les symptômes, réduire la durée et la fréquence des crises et diminuer le risque de transmission.

    Et si j’ai un résultat positif pour le VIH?

    Aujourd’hui, les traitements contre le VIH sont plus efficaces que jamais. L’espérance de vie d’une personne vivant avec le VIH en traitement se rapproche grandement de celle d’une personne non infectée. Plus l’infection est dépistée rapidement et plus la prise en charge se fait tôt après l’infection, meilleures sont les chances de vivre longtemps et en santé. De plus, un traitement efficace réduit grandement le risque de transmettre le VIH. Connaître son statut est un bon moyen de préserver sa santé et protéger celle de ses partenaires.

    Dès lors, tu auras un suivi médical régulier afin de contrôler l’infection et préserver ta santé.

    Les traitements contre le VIH sont couverts soit par des régimes d'assurance privés ou par le régime public (RAMQ).

     

    Dévoiler sa séropositivité ou non?

    Dire à quelqu’un que l’on vit avec le VIH peut être un moment stressant. Il est impossible de prédire comment l’autre recevra cette annonce. Dans ce contexte, la grande majorité des femmes vivant avec le VIH choisissent à qui elles dévoileront leur séropositivité au VIH et le moment opportun pour le dire. Pour plus d’informations sur le dévoilement et le non-dévoilement du statut sérologique positif au VIH, visite le site Pouvoir partager / pouvoirs partagés.

    Les enjeux liés au dévoilement de sa séropositivité sont grands. Malgré les avancées scientifiques en ce qui concerne le traitement du VIH, les préjugés sociaux, eux, n’ont pas beaucoup évolués. La discrimination, le rejet, et même la criminalisation des personnes vivant avec le VIH sont toujours des réalités actuelles. Et les peurs vécues par les personnes vivant avec le VIH, liées à ces réalités, sont légitimes.

    Il n’y a pas de réponse magique et uniformisée pour toutes, quand il est question de dévoiler sa vie avec le VIH. La règle de base serait celle d’agir de manière intègre et de prendre des décisions qui nous protégeront et qui permettront à l’autre personne de faire un choix éclairé, car une chose est certaine : la décision et la responsabilité d’avoir une relation sexuelle, protégée ou non, sont de part égale entre les deux partenaires. L’ensemble du milieu VIH reconnait cette obligation morale de la part des deux partenaires. Par contre, légalement, sache que tu peux être poursuivie si tu ne dévoiles pas ta séropositivité à ton partenaire.

  • Parfois, ce que l’on a à communiquer, c’est le fait qu’on a contracté une ITSS. Le sujet n’est pas toujours facile à aborder. Souvent la réaction de nos partenaires est de nous accuser d’être la source de l’infection. Autant pour le VIH que pour les autres ITSS, il existe différentes façons d’informer tes partenaires actuels et anciens et de faire face aux réactions négatives.

    Voici quelques trucs qui peuvent aider :

    • prépare ta rencontre ou ton appel en pensant à ce que tu vas dire
    • choisis un moment où ton partenaire pourra t’accorder toute son attention
    • si tu lui annonces la nouvelle par téléphone, assure-toi que c’est un bon moment pour lui parler
    • si tu lui annonces la nouvelle en personne, choisis un lieu neutre, tranquille et sécuritaire où vous pourrez parler sans être dérangés
    • dis les choses simplement :

    1) le nom de l'infection que tu as

    2) qu’une personne peut être infectée même si elle n’a pas de symptômes

    3) qu’il est primordial de consulter un médecin (ou une infirmière) rapidement pour passer un test de dépistage, être évalué et être traité, le cas échéant

    • invite ton/ta partenaire à s’informer sur la chlamydia, la gonorrhée, la syphilis ou le VIH en lui remettant des dépliants ou en l’invitant à visiter sante.gouv.qc.ca (site grand public) ou itss.gouv.qc.ca (site jeunesse)
    • remets-lui la carte de notification que ton médecin ou l’infirmière t’a remise. Cette carte donne de l’information sur l’infection que tu as contractée et elle fournit des références utiles
    • encourage ton/ta  partenaire à consulter
    • Si il ou elle t’accuse d’être la source de l’infection, rappelle-lui que de chercher un coupable n’avance à rien. Ce qui est important c’est de se faire dépister et de préserver sa santé sexuelle

    Obtenir de l’aide d’une infirmière ou du médecin

    Certaines personnes ne se sentent pas à l’aise, pour différentes raisons, d’avertir elles-mêmes leurs partenaires actuels et anciens. Dans ces cas-là, un professionnel de la santé peut s’occuper d’aviser tes partenaires. Il te demandera certaines informations (leur numéro de téléphone par exemple) et s’occupera, anonymement, de tenter de les joindre et de les inviter à consulter un médecin.

    Recevoir un dévoilement

    Tu peux aussi te trouver dans la situation inverse : ton ou ta partenaire te révèle qu’il ou qu’elle est atteint(e) d’une ITSS. Il est normal d’avoir des craintes, des déceptions par rapport à ce que la personne t’a dit. Cependant, garde en tête que l’information t’a été donnée parce que cette personne se soucie de ta santé et souhaite que tu puisses être traitées rapidement, le cas échéant.

  • Le condom n’est pas le seul moyen pour éviter une infection au VIH et aux autres ITSS, mais il est certainement le plus connu et le plus accessible. De plus, il est très efficace face au VIH et aux hépatites. Par contre, le désir de l’utiliser peut amener des situations délicates où tu souhaites son utilisation, mais pas ton/ta partenaire sexuel(le).

    La peur est un facteur qui peut t’empêcher de parler du condom. Voici quelques suggestions pour t’aider dans ta discussion:

    • peur de ce que l’autre va penser
    • peur que l’autre ne pense pas comme toipeur que l’autre croit que tu as plusieurs partenaires sexuel(les) ou que tu es infidèle
    • peur du rejet, d’une dispute, d’un refus
    • peur que l’autre pense que tu as attrapé une ITSS

    Si son utilisation est importante pour toi, voici quelques stratégies pour aborder le sujet. Qui sait? Peut-être que l’autre aimerait aborder le sujet aussi…mais est trop timide pour le faire.

    Tu peux faire comprendre à ton partenaire que l’utilisation du condom est non-négociable en :

    • ayant toujours des condoms sur toi (dans ton sac à main), dans chaque pièce de ton logement
    • laissant des condoms et du lubrifiant bien à la vue, sur la table de chevet, par exemple
    • tendant un condom au partenaire avant toute forme de pénétration

    Si on choisit d’en parler avant, quelques trucs peuvent faciliter la discussion :

    • aborder le sujet avant la relation sexuelle, dans un climat calme et propice à la discussion, pendant un repas en tête-à-tête, par exemple
    • connaître les raisons pour lesquelles tu veux utiliser le condom. Écris-les. Il est plus facile de négocier lorsque l’on sait ce que l’on veut
    • parles-en avec des amis. Ils peuvent connaître des trucs qui t’aideront à en parler
    • rappelle-toi une situation où tu as eu à négocier le condom. Quelles difficultés as-tu rencontrées? Comment les as-tu surmontées?

    Contraception orale d’urgence

    Dans le cas où le condom n’a pas été utilisé ou s’il s’est déchiré pendant un rapport sexuel, la contraception orale d’urgence (ou pilule du lendemain) permet d’éviter une grossesse non planifiée si elle est prise rapidement. Même s’il est possible de la prendre jusqu’à 5 jours (120 heures) après le rapport sexuel, il est conseillé de ne pas tarder pour que son efficacité soit maximale

    Prophylaxie postexposition sexuelle (PPE)

    Dans le cas où le condom n’a pas été utilisé ou s’il s’est déchiré pendant un rapport sexuel et que tu crois qu’il y a un risque d’infection au VIH, sache qu’il existe un traitement qui permet de l’éviter. Consulte un médecin rapidement ou présente-toi à l’urgence.

     

  • La sexualité s’exprime de multiples manières. Les pratiques sexuelles sont aussi multiples. Des caresses au kink, il y a moyen de réduire les risques d’ITSS, dont le VIH.

    Caresser, embrasser, masser

    Stimuler nos zones érogènes par des caresses, s’embrasser, se masser, se détendre dans un bain, etc. sont toutes des activités à pratiquer sans réserve! Elles ne comportent pas de risque de transmission du VIH.

    Si tu introduis tes doigts dans l’anus ou le vagin de l’autre, garde tes ongles courts et limés, ça évite les blessures. Tu peux également utiliser des gants de latex ou de vinyle et beaucoup de lubrifiant pour ce type de caresses.

    Les caresses sexe contre sexe présentent un risque négligeable, voire quasi inexistant d’infection au VIH. En fait, il existe très peu de risque de transmission du VIH lors de rapports sexuels entre femmes sauf lors des règles ou de pratiques sexuelles où il y a du sang. Cependant, il y a un risque de transmission d’autres ITSS. Si c’est une pratique que tu aimes et que tu réalises régulièrement, fais-toi dépister fréquemment.

    Sexe oral

    Pour se protéger et réduire les risques :

    • garde ta bouche en santé et évite les relations orales en présence de plaies, lésions, ulcères, gingivite (inflammation des gencives) ou autres infections;
    • évite les relations orales la journée d’une visite chez le dentiste;
    • évite de te brosser les dents, d’utiliser la soie dentaire ou d’utiliser un rince-bouche une heure AVANT et une heure APRÈS une relation orale. Ceci minimise la possibilité d’avoir des lésions, des irritations ou du sang dans la bouche;
    • évite de prendre du sperme ou des sécrétions vaginales dans ta bouche;
    • lors d’un dépistage des infections transmissibles sexuellement et par le sang (ITSS), demande au médecin de faire des prélèvements dans ta gorge;
    • utiliser un condom ou un carré de latex (digue dentaire) pour les relations orales est un autre moyen de minimiser les risques. Il en existe à saveur ou sans lubrifiant.

    Relation vaginale et anale

    Pour réduire les risques :

    • Utilise correctement un condom en latex, en polyuréthane ou en polyisoprène pour la pénétration vaginale et anale;
    • Utilise du lubrifiant à base d’eau ou de silicone. Ne pas hésiter à en remettre, car cela minimise le risque de lésions. Attention! Les lubrifiants à base d’huile ne sont pas compatibles avec les condoms de latex. Cette information est indiquée sur le contenant de lubrifiant;
    • En pratiquant la pénétration vaginale et le sexe anal, rappelle-toi de changer de condom lorsque tu changes d’orifice pour éviter la transmission de bactéries de l’anus au vagin. Les condoms à saveur peuvent être utilisés pour la pénétration. Cependant, certaines femmes peuvent faire des infections suite à leur utilisation. Les condoms à saveur sont davantage recommandés pour le sexe oral;
    • Il ne faut pas oublier que le condom protège également des grossesses non planifiées;
    • Lors d’un dépistage des ITSS, demande au médecin de faire des prélèvements à l’anus si tu pratiques le sexe anal;
    • Pour des raisons culturelles ou d’hygiènes personnelles, certaines d’entre nous utilisent des douches vaginales ou certaines substances pour nettoyer leur vagin, avant ou après les relations sexuelles. Ces substances peuvent irriter les muqueuses vaginales et potentiellement augmenter les risques d’ITSS. Il est recommandé de laver quotidiennement sa vulve uniquement avec de l’eau.

    Pratiques Kinky

    Les jeux de rôles, les pratiques sadomasochistes, ne sont pas des activités à risque de transmission du VIH et des autres ITSS. Tu peux t’adonner à tes scénarios préférés en toute sécurité, tout en tenant compte des précautions mentionnées dans les différentes sections de ce site lorsqu’il y a des activités sexuelles incluses dans ces pratiques.

    Les pratiques hardcores pouvant causer des lésions à la surface de la peau ou des saignements, ainsi que les pratiques avec des accessoires chirurgicaux peuvent comporter des risques importants d’infection bactérienne et de transmission du VIH et de l’hépatite C. Assure-toi de bien connaître les précautions de base à mettre en place et d’exécuter tes scénarios avec un partenaire qui a de l’expérience.

    Pour plus d’information sur les pratiques kinky sécuritaires et les précautions à mettre en place, consulte le dépliant « Jeux kinky plus sécuritaires » réalisé par Act Toronto.

    Jouets sexuels (Dildo, butt plug, godemiché, vibro)

    Un jouet sexuel a le même potentiel de transmission d’infections qu’un pénis. Si tu comptes partager tes jouets, il est important d’utiliser un condom sur les jouets. De plus, si ton partenaire et toi décidez de passer d’une pénétration vaginale à une pénétration anale, il faut changer le condom.

    Les jouets peuvent avoir des pores où les virus et les bactéries peuvent se loger entre les utilisations. Après chaque utilisation, assure-toi de bien nettoyer tes jouets. Tu peux utiliser du savon à vaisselle et de l’eau chaude, en t’assurant de bien les rincer par la suite. Les magasins spécialisés vendent aussi des produits nettoyants spécifiques pour les différentes sortes de jouets.

  • En plus de vaccin contre certaines infections transmissibles sexuellement et par le sang (ITSS), il existe des méthodes de prévention contre le VIH dont la base est un traitement médicamenteux. Selon ton type de comportement sexuel, elles peuvent être utilisées avant ou après une activité sexuelle considérée à risque.

    Vaccins

    Actuellement, il existe des vaccins contre l’hépatite B et contre le virus du papillome humain (VPH).

    Si tu as moins de 20 ans, tu as probablement été vaccinée contre l’hépatite B en bas âge et ce vaccin est reconnu être efficace pour le reste de ta vie. Si tu as plus de 20 ans et que tu n’as pas été vaccinée ou que tu ne sais pas si tu l’as été, parles-en à ton médecin. Il peut vérifier, à l’aide d’un échantillon de sang, si tu l’as été et si ce dernier est toujours efficace.

    Quant au vaccin contre le VPH, il est offert aux jeunes filles de 9 à 17 ans et aux femmes ayant un système immunitaire affaibli ou vivant avec le VIH. Parles-en à ton médecin.

    Prophylaxie postexposition sexuelle (PPE)

    La PPE (PEP en anglais), pour prophylaxie postexposition sexuelle, est un traitement disponible après avoir eu une relation anale ou vaginale non protégée avec un partenaire connu séropositif ou au statut inconnu. Le médecin évaluera les risques avant de te prescrire ce traitement.

    Pour que ce traitement soit efficace, il doit être commencé le plus rapidement possible, et ce, dans un maximum de 72 heures après la prise de risque. Certains professionnels de la santé non spécialisés en VIH peuvent ne pas connaître ce traitement. En ce sens, il est fort recommandé de consulter des cliniques spécialisées dans le domaine du VIH et des infections transmissibles sexuellement et par le sang (ITSS).

    Tu peux prendre rendez-vous dans une clinique spécialisée ou te présenter à l’urgence de l’hôpital le plus près de chez toi. Rappelle-toi qu’il est important d’être vue le plus rapidement possible soit dans les 72 heures après l’activité sexuelle comportant un risque. N’hésite pas à appeler l’organisme communautaire de lutte contre le VIH de ta région, il pourra t’aider dans tes démarches.

    Prophylaxie préexposition (PPrE)

    Tu as peut-être aussi entendu parler de la PrEP, pour prophylaxie préexposition sexuelle (PPrE en français), soit le fait de prendre un traitement anti-VIH afin de prévenir l’infection. Au Québec, il n’existe pas encore de lignes directrices sur cette approche. Pour l’instant, pour en savoir plus sur la PrEP et la possibilité de te la faire prescrire, il faut consulter des médecins spécialisés dans le domaine du VIH.

    Charge virale et non-transmission du VIH

    Le risque de transmission du VIH fluctue avec le niveau de charge virale. La charge virale étant la quantité de VIH dans le sang : plus le niveau de virus est bas, moins le risque de transmission est élevé. Selon les données actuelles, une personne nouvellement séropositive a plus de risque de transmettre le VIH au début de l’infection, car, à ce moment, elle a une charge virale très élevée.

    Ainsi, pour une personne séropositive en traitement, avec une charge virale indétectable depuis plus de 6 mois et en l’absence de toute autre ITSS chez tous les partenaires, le risque de transmission est très faible. Les avancées en matière de traitements de même que les conclusions de plusieurs grandes études nationales et internationales ont amené un certain consensus au sein de la communauté scientifique par rapport à l’impact des traitements antirétroviraux sur le risque de transmission du VIH.

    Ainsi, l’Institut national de la santé publique du Québec affirme que la thérapie antirétrovirale réduit le risque de transmission du VIH lors de relations sexuelles vaginales chez les couples hétérosexuels si l’ensemble des conditions suivantes sont respectées

    • charge virale indétectable et maintenue pendant au moins 6 mois et sur 2 mesures consécutives, grâce à une thérapie ARV
    • adhésion au traitement d’au moins 95 %
    • partenaire stable et exclusif
    • absence confirmée d’ITSS chez les deux partenaires
    • suivi médical intensif aux 3 à 4 mois incluant une mesure de la charge virale et un dépistage des ITSS pour le partenaire séropositif et un dépistage des ITSS, incluant le VIH, pour le partenaire séronégatif
    • counseling approprié régulier pour les deux partenaires portant sur les conditions énumérées ci-haut et sur la réduction des risques, incluant l’utilisation adéquate du condom

    Pour plus d’informations à ce sujet, renseigne-toi auprès de ton médecin.

    Il est important de te rappeler que c’est la position de la santé publique québécoise et que cela ne te protège pas du risque de poursuite au criminel si tu n’as pas dit à ton ou tes partenaires que tu es séropositive. Pour plus d’information, visite la section Criminalisation de l’exposition au VIH du non-dévoilement du VIH sur le site web de la COCQ-SIDA ou le site Pouvoir partager / pouvoirs partagés.

    Dois-je encore utiliser le condom?

    Si tu es en couple et que tu remplis les conditions énumérées ci-dessus, c’est une décision de couple. Nous te recommandons de rencontrer ton médecin avec ton/ta conjoint(e) pour en discuter et surtout avant de prendre une décision.

    La thérapie antirétrovirale de même que l’utilisation du condom sont reconnues comme deux stratégies efficaces pour réduire la transmission du VIH. Les condoms protègent également des grossesses non planifiées de même que des autres ITSS.

  • Mélanger sexualité et consommation peut te procurer de bonnes sensations. Cependant, sois consciente que les drogues affectent ta perception du risque. Connaître ces risques, cibler les moyens de les réduire ou de les éviter, établir tes limites et te préparer en conséquence te sera très utile dans les moments où ton jugement sera affecté.

    Quelques conseils :

    Prévois suffisamment de condoms et de lubrifiant (avoir plusieurs sortes dans son sac par exemple). Si le condom brise ou qu’il n’est pas utilisé, prévois la contraception orale d’urgence et, s’il y a lieu, la prophylaxie postexposition.

    Prévois suffisamment de matériel pour t’injecter ou inhaler des drogues. Il est mieux d’avoir plus de matériel sur toi que d’en manquer en plein party. Tu peux te procurer du matériel d’injection dans certaines pharmacies ou organismes communautaires.

    Si tu utilises des pailles pour sniffer ne les partagent pas. Idem pour les seringues.

    Si tu aimes mélanger les drogues, consulte Le Blender, un guide réalisé par l’AQPSUD sur les mélanges de drogues et les risques qui en découlent.

    Si tu vis avec le VIH, prépare tes doses de médicaments avant de consommer et trouve un moyen, telle une alarme sur ton téléphone, de te souvenir de les prendre. N’oublie pas que certains médicaments anti-VIH, tel le Ritonavir, augmentent l’effet des drogues. Attends au moins 30 minutes après la prise du Ritonavir avant de consommer des drogues et commence par une demi-dose.

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